Kara, la Morale Constante d’une Jeunesse Perdue

« Je suis l’asile et le dernier recours…» Depuis toujours le Général de Bamba s’est inspiré, voir même approprié ces propos solennels et salvateurs de l’abreuvoir des assoiffés, cet éminentissime monsieur aux dimensions incommensurables, qui s’est entièrement dévoué pour le salut de l’humanité au détriment de sa vie en l’occurrence Cheikh Ahmadou Bamba. À travers la bienveillance de Cheikh Ahmadou Kara envers les jeunes, on appréhende sans équivoque la portée de cette célèbre maxime de Cheikh A. Bamba, selon laquelle «Chaque génération aura la certitude que je ne suis venu que pour elle.»
Le Sénégal autrefois considéré comme un pays de grandes valeurs et comme une référence en matière d’intellect et de savoir, a perdu ce à quoi il a été envié par les autres nations. Ceci est dû à plusieurs facteurs à critère socio-économique.
Nous sommes dans une société où les mœurs se sont dégradées au fil du temps; ce qui était considéré comme mal vu auparavant est banalisé de nos jours. Le mensonge et la trahison dans les relations sont si fréquents que l’honnêteté et la loyauté sont devenues un prestige.
L’amour pour les biens matériels a pris le dessus sur l’éthique des gens, suscitant de l’envie et de la jalousie pour ceux qui n’en disposent pas envers ceux qui en ont. De plus la délinquance, la manipulation et les pratiques obscènes (usage du mystique) sont devenus des modes d’emploi pour arriver à ses fins, car chacun veut réussir avec peu d’efforts fournis.
La jeunesse sénégalaise dont la majorité est dépourvue d’ambitions, se focalise de plus en plus sur le futile car les figures référentielles pour la plupart d’entre eux sont des personnages télévisés évoluant dans le domaine du divertissement; ce qui est plutôt défavorable pour la conscientisation des jeunes qui sont censés être l’avenir du pays. Ce manque de repère est également dû aux failles de l’éducation parentale, scolaire et universitaire des jeunes. L’école étant la seconde maison de l’enfant, si autant que les parents elle échoue à la promotion de la discipline et de l’excellence, l’avenir de la jeunesse sera incertain.
Face à ces fléaux, la société sénégalaise a plus que besoin de secours pour un Sénégal meilleur.
La société sénégalaise majoritairement jeune avec un âge moyen de 22,4 ans (recensement de 2014), se retrouve dans une situation chaotique dont l’une des principales causes est la démission des parents à l’éducation de leurs enfants. Pris par la quête du bien être financier de leur foyer, les parents ont tendance à négliger leur devoir parental qui est d’inculquer des valeurs à leurs enfants et d’avoir un contrôle sur leurs mouvements. Ces jeunes vont alors s’égarer sous l’influence du monde extérieur, en l’occurrence leurs fréquentations et les médias (télévision, internet etc.).
Une autre source de cette problématique est la faillite du système éducatif; un système datant de l’époque coloniale qui montre de plus en plus ses limites par faute de rigidité et de non-conformité aux réalités du pays. Plus axé sur la théorie que la pratique, ce système forme des générations d’élèves et étudiants bien que diplômés mais dépourvus de savoir-faire. Les autorités étatiques de tous régimes confondus sont incapables d’apporter une solution aux problèmes liés à l’éducation; car ceux-ci ne sont point générationnels mais plutôt systémiques.
La jeunesse a toutefois besoin d’être encadré socialement, spirituellement et intellectuellement par un régulateur social qui sera un soutien pour le développement individuel des jeunes, puis traduit en développement durable. Celui-ci portera deux casquettes à savoir le spirituel et le temporel, réconciliant ainsi la société sénégalaise à la droiture, au sens du travail, la crainte révérencielle, la discipline et tant d’autres valeurs autrefois acquis, pour un avenir meilleur. Cela nous renvoi aux propos de Cheikh Ahmadou Bamba qui dit: « Travaillez comme si vous n’allez jamais quitter ce bas monde et priez comme si vous allez mourir le lendemain! ».
En effet comme le disait Émile Durkheim « Pour chaque peuple à un moment donné de son histoire existe une morale régnante… », Qu’en est-il cependant de la morale régnante de la société sénégalaise?
Tout le monde s’accorde sans ambages que Cheikh Ahmadou Kara Mbacké Noreyni, le Général de Bamba, surnommé le marabout des jeunes ou encore « marabout des bandits » par d’aucuns a toujours été la morale constante de cette jeunesse laissée à elle-même, cette jeunesse aliénée et dépossédé de soi.
La jeunesse a toujours senti en lui un espoir, un asile et un recours.
Une cause qu’il a su assumer avec vigueur et dévotion. Sa vision intrinsèque et son humanisme au-dessus de la mêlée lui ont permis de redresser bon nombre de jeunes qui étaient dans un gouffre profond, nuisibles à la société, des déséquilibrés auteurs de toutes sortes d’atrocités. Il a réussi à les cerner et les a réinsérés dans la société, leur inculquant des valeurs pudiques et morales, dignes d’un bon croyant.
« Les maudits de Dakar, il les a redressé à Lansar », en effet un jour de 1995 le Général de Bamba rassembla une marée de jeunes qui furent délaissés, abandonnés et condamnés par une société complice, à Lansar où il leur proposa un destin meilleur. Il y avait ce jour 650 jeunes, parmi eux des délinquants, des malfaiteurs, des criminels etc. Le Général réussit ce jour à les faire sceller un pacte contre toute malfaisance.
Kara a ainsi pris le destin de ces pauvres innocents anéantis parfois par une société injuste, cruelle et d’un État déséquilibré irresponsable.
Grâce à lui aujourd’hui la plupart de ces jeunes sont devenus aujourd’hui des acteurs de paix. Ils sont devenus des hommes responsables, utiles à la société, à leur famille, en participant au développement économique et sociale de leur pays.
Ils sont devenus des citoyens modèles à part entière et servent mieux que quiconque leur pays inspirés par un système de valeurs dont leur guide leur a enseigné; le concept « Œuvrer pour Dieu à travers les hommes » qui consiste à adorer le Seigneur à travers le service rendu aux hommes. A chaque période d’inondation ils aident les sinistres dans l’évacuation des eaux sans un appui quelconque des autorités étatiques. Ils nettoient fréquemment les cimetières musulmans comme chrétiens.
Au-delà de la réinsertion sociale et de la formation formation sur les valeurs de l’Islam et les principes du Mouridisme, Kara a pu offrir à ces jeunes l’opportunité de subvenir à leur besoin matériel à travers le Zikroulah, une forme d’éducation spirituelle dont il en est lui-même l’initiateur. En effet beaucoup de jeunes parviennent à gagner dignement leur vie grâce au Zikroulah (chants religieux). A part le Zikroulah ces jeunes s’auto-entreprennent dans d’autres activités économiques comme la vente du Café Touba.
Le Général Kara, par sa qualité de leader multidimensionnel est le père fondateur de multiples structures de réinsertion et de régulation sociale notamment: le Jeysun (constitué de plus 313 membres dont la plupart sont dans anciens détenus, dont leur rôle est d’assurer la communication au niveau nationale), la FEECAD (Fédération des Elèves, Etudiants et Cadres du Diwane, ayant comme mission d’œuvrer pour l’éducation, l’animation et la vulgarisation des enseignements de Cheikh Ahmadou Bamba dans les milieux scolaires et universitaires), le Kara Sécurité (constitué d’anciens délinquants réinsérés qui animent un centre de réinsertion sociale à Guédiawaye, avec une mission de sécuriser les biens et personnes avec un compagnonnage sans armes) et le plus récent des structures, Bamba Fepp, Bamba Partout, Bamba Merci (dont ses activités sont d’ordre sociale et humanitaire pour le développement personnel et durable).

Cette morale constante et dissipatrice de ténèbres poursuit sa cause de la plus belle manière avec encore une fois une vision salvatrice, en rassemblant les jeunes chaque 31 Décembre pour les rappeler le bien et les modeler sur les valeurs enseigné par Cheikh Ahmadou Bamba; une initiative très stratégique car cette date marque un point culminant en terme de débauche.
Aujourd’hui beaucoup d’hommes religieux suivent ses traces et organisent à chaque 31 Décembre, des cérémonies religieuses pour sensibiliser les jeunes sur la religion.

“La paix est avec celui qui suit le droit chemin »

Feecad Silkul Jawahir

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *